dimanche, 11 mai 2008

Reve d'amour (Laurence Tardieu, Stock 2008)

65661cfd7ed4efe40173469fb7a69d2f.jpgJe me méfie toujours de ces romans nombrilistes (généralement français), écrits à la 1ère personne du singulier. Mal parti celui-ci, car écrit ainsi... Mais ce joli roman fragile et simple, tendre aussi, explore très élégamment les méandres affectifs d'une jeune femme en quête de souvenirs. Alice, qui a perdu sa mère à l'âge de quatre ans, n'a pas même une photo d'elle, son père ayant tout effacé. Car peu de temps avant de mourir, elle avait eu une liaison avec un peintre. A la mort de son père, la jeune femme tente de le retrouver...

Laurence Tardieu est grave. Point d'humour ni de légèreté. Mais pas non plus de pesanteur. Son livre est gracile. Car Laurence Tardieu est juste. Point final. Son récit poignant. Cette quête est tendre.
Il y a du silence. Des silences. Eloquents. Beaucoup d'interrogations sont semées et on y entrevoit des débuts de réponses. Beaucoup de sentations "J'ai chaud, je suis fatigué...", d'actions banales "se lever, s'assoir, fermer une fenêtre..." et de pensées. Jamais d'ennui. Beaucoup de plaisir. C'est ça l'amour, c'est ça les rêves d'amour.

quelques belles phrases : "Est-ce que la vie est une histoire ? La vie se nourrit de rêves, les rêves nourrissent la vie." (page 152)
Un homme, qui a vu mourir la femme de sa vie, retombe amoureux : "Un soir, j'ai rencontré une femme lors d'un dîner. J'ai eu envie de la revoir. Le passé ne s'annulait pas, le présent s'ajoutait au passé." (page 131)

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dimanche, 04 mai 2008

Les trophées de Constance (Nathalie Cachin)

891470bd64cf0703167ebe2d8761b677.jpgTrouvé dans le Jardins d'Hélène ce merveilleux petit bouquin (en réalité des nouvelles) dont j'ai goûté chacune avec délice.

Voici pour l'essentiel ce qu'en dit le jardin d'Hélène : Premier livre d’une blogueuse, la couverture me plaisait beaucoup. Recueil de 18 courtes nouvelles du même genre : une trentenaire, le plus souvent célibataire, croise un homme qui devient l’objet de son désir...
Frais, féminin, léger… Nathalie Cachin observe les hommes et en garde ce qu’ils ont de meilleur, ou du moins ce que son rêve de séductrice en fait. On aimerait parfois que les nouvelles aillent un peu plus loin, car elles s’arrêtent dès le premier rêve d’amour construit.

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lundi, 21 avril 2008

Et mon coeur transparent (Véronique Ovaldé)

f5f3538fa2f2d0bc28fa5ed69f4fb963.jpgVoilà un bon livre "intello" à souhait (prix France Cul. / Télérama 2008) qui, sans m'ennuyer, ne m'aura pas passionné des masses... C'était pourtant bien parti car le style est plaisant, les trouvailles intéressantes, mais j'ai eu l'impression ensuite que la machine tournait un peu en rond, pour ne pas dire à vide... A faire trop d'esprit, on peut manquer fatalement de corps. Et comme je peux avoir, parfois, un esprit caustique, celui-ci m'a soufflé : "voilà un bon livre d'intello !"
Résumé : La femme de Lancelot est morte. Pourquoi Irina a-t-elle été victime d’un accident de voiture, au volant d’une voiture qu’il ne connaît pas, alors qu’il venait lui-même de l’accompagner à l’aéroport ? Sait-on jamais avec qui l’on vit ?…

Pleine d'imagination, l'auteur a un goût pour le merveilleux plaisant, mais n'est pas Boris Vian qui veut. (oui je sais cette remarque est très méchante)

"in Fnac : La chute est également assez déceptive, elle m'a fait l'effet d'un pétard mouillé."

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mercredi, 09 avril 2008

Suis (presque) inconsollable... (La consolante, Gavalda)

0dba80005930ffb770e5c2bcdd150c58.jpgBen moi, j'aurais pas aimé être un critique... D'abord et en premier, je les soupçonne de ne pas toujours lire les livres dont ils parlent. C'est flagrant avec le dernier Gavalda. Pis ensuite, je les soupçonne "d'un jour ça fait bien de dire du mal, le lendemain ça fait bien d'en dire du bien..."
Parfois et pourtant, il y a d'excellent papier (in les Inrocks - si je vous jure !- p.69 du 8 au 14 avril 2008)... Le ton est juste et l'on ne soupçonne pas d'affreuses arrières pensées.
Ben moi, j'aurai pas aimé critiquer quelqu'un que j'aime bien.
Par exemple... j'adore Gavalda mais pas adoré son dernier opus. Surtout ne le dites pas à Anna, parcequ'elle s'en fout et qu'elle a été si critiquée auparavant que je ne peux lui en vouloir de m'avoir (un peu) déçu. C'est pas grave. Après tout, ce n'est que de la littérature... : au pire, ça ne nous fait pas de mal; au mieux, ça nous fait tellement de bien. Et elle nous en a fait déjà tellement de bien...

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mardi, 01 avril 2008

La consolante (A. Gavalda)... c'est jour après jour !

60fa2c622848e38a5d5b0c977b01c706.jpg"Il se tenait toujours à l'écart. Là-bas, loin des grilles, hors de notre portée."
"jour après jour" : Me voilà donc plongé... et dubitatif. 100 pages... et comme le dit saxaoul , "il faut peut-être attendre qu'il soit disponible à la médiathèque..."
Pour les autres comme moi, trop tard ! (24 € quand même !!!) Arrive pas à me consoler...

On (Télérama qui sont pas les derniers à prendre les gens pour des imbéciles) nous avait dit : "De toute façon, il va plaire aux fans..." oui mais non, nous ne sommes pas une bande de lecteurs écervelés sans jugeotte. Puis Anna avait agravé le cas et prévenu : "il sera sans doute moins accessible car plus noir..." Sous entendu, il va moins se vendre... Moi ça ne me dérange pas si le livre est bon : noir, jaune vert, ça compte pas... tant qu'il est bon...
Las ! L'entrée en matière est confuse, manque de simplicité, et les pronoms personnels qui manquent sont plus un effet de style qu'un style efficace... Il y a comme un abus de dialogues qui sont pourtant joliment exprimés...

vendredi 14 mars : ...après 100 pages, c'est laborieux...
samedi 15 mars : 120 pages, patine toujours dans la choucroute... mais quoi ! Payé 24 €, m'accroche...
mercredi 26 mars : 184 pages, parait qu'il faut atteindre...
mardi 01 avril : 284 pages, presque la fin du II... me dis (voyez, fais du Gavalda) : "après tout, ce n'est que de la littérature..." pas de quoi, vraiment, en faire un fromage...
Résumé : Quadragénaire, architecte à Paris, apprend la mort d'une femme connue jeune. Est fissuré. Tourneboulé...
mardi 08 avril : 614 pages, presque la fin... c'est marrant, 2 livres en 1. Ca me rappelle une pub ! Le 2è est plus convaincant, mais la fin patine un peu. M'enfin !
Cuné a fait un très bon papier...
Mais quand même content de voir de si bonnes critiques (Lire, Fig', Le Point...) dans la presse. Elle le mérite.

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samedi, 29 mars 2008

Une promesse (Sorj Chalandon)

0a1af2bb70c3954531f5979c44d1cb10.jpgUne jolie petite histoire qui ne m'a pas emballé plus que ça...
résumé : Nous sommes en Mayenne, une maison à l'orée d'un village. Tout est silencieux, les volets fermés et la porte close. Nuit et jour pourtant, sept amis en franchissent le seuil. Les uns après les autres, chacun son tour et chacun sa tâche. S'accomplit ainsi le serment de sept âmes vives à deux âmes sombres : la parole donnée pour retarder le deuil.
Ayant adoré son roman "Mon traître" j'ai tenu à découvrir celui-ci. Plus confus, non dénué de charme, il m'a pourtant moins convaincu. Mais un auteur à suivre, assurément.

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samedi, 22 mars 2008

Elle fait les galettes, c'est toute sa vie (Karine Fougeray)

6a5499cb3c5699de2a74e5f7f40c4282.jpgCes nouvelles... sentent bon la Bretagne, la mer, les crêpes, les (bons) sentiments.
Ces nouvelles sont brillantes de simplicité, étonnantes de véracité...
une splendide découverte !
Au lieu de chercher des oeufs dans les jardins, chercher donc de bons livres dans les jardins d'Hélène où l'on peut dénicher de superbes trouvailles.

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mercredi, 19 mars 2008

De l'eau pour les éléphants (Sara Gruen, Albin)

65d4658dbfc86911f96fa52580577c4f.jpgJ'ai menti, c'est affreux, j'ai menti. Oui, j'ai bien acheté le dernier Gavalda, oui j'ai lu la première page mais non je ne suis pas allé plus loin... car je n'ai pu laisser tomber celui-ci. Trop formidable. Un bonheur, un de ceux que l'on peut conseiller en étant sûr qu'il va plaire... J'ai pensé d'abord à un sympathique roman puis été transporté par les pérégrinations de ce cirque de ce jeune, devenu vieil homme… Ce qui me touche dans ce roman est la pertinence des situations, cet homme qui a (bien) vécu, se voit, à la fin de sa vie, devenir inutile. Son épouse est morte, ses enfants sont préoccupés et ne viennent qu’occasionnellement, et ce vieil homme irascible essaie tant bien que mal de se faire plus gentil. Et surtout, il se souvient... Touchant !

Ce roman pas comme les autres a, parait-il, fait en quelques mois d'une inconnue un véritable phénomène d'édition en Amérique.
Résumé : Durant la Grande Dépression, dans les années 30, les parents de Jacob Jankowski meurent. L'étudiant vétérinaire se voit contraint d'abandonner ses études, et de désespoir, saute à bord d'un train qui transporte un cirque. Le voici vétérinaire...

Plus qu'un simple roman sur le cirque, ce livre est l'histoire bouleversante de deux êtres perdus dans un monde dur et violent où l'amour est un luxe que peu peuvent s'offrir. (et même si c'est pas d'moi, c'est bien dit ça !)

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jeudi, 13 mars 2008

L'incroyable histoire de mademoiselle Paradis

5ae419c7ec7feab32865ff8b8325ae57.jpgGentillet ! C'est pas si grave de lire de tels livres qui en mettent en relief d'autres comme "No et Moi", "Mon ami le traître", , Wisconsin, ou" La route". Finalement ce roman exprime toute la différence entre l'application et le talent...
Evidemment la jeune fille est belle, jeune et joue merveilleusement du piano...
Mais je ne serais pas trop méchant avec ce livre, ce n'est pas si mal... c'est léger, divertissant, comme un menuet. Il en faut !
Résumé : 1759, à Vienne au temps de Mozart et de Salieri, Maria-Theresia, fille d’un conseiller de l’empereur d’Autriche, s’est réveillée aveugle. Son père a tout tenté pour la soigner… Mais Maria s’accommode de sa cécité au point d’en faire une vertu, laquelle devient évidente lorsqu’elle s’installe au piano...

Une belle phrase page 53 : « On peut excuser un mensonge, pardonner une tromperie. On ne peut regagner ce qui est perdu. La confiance n’est pas une plante qui se fane et qu’un peu d’eau permet de raviver. C’est un corps hautement combustible que le doute enflamme et détruit, irrémédiablement. »

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mardi, 11 mars 2008

Millénium, t.1 (Stieg Larsson) Actes sud

650f2cca29d65c1be2b18192e335ded3.jpgJe vais m'ajouter à la déjà très longue liste de lecteurs séduits par ce polar suédois. Car j'ai aimé ces personnages, ce Blomkvist et surtout cette Lisbeth qui m'a rappelé l'héroïne marginale d'"Ensemble c'est tout".
Larsson a l'art de nous intéresser à son histoire, de s'égarer sans nous perdre dans un labyrinthe de propos captivants. Vraiment tout bien.

Résumé : Depuis 40 ans, un riche industriel reçoit une fleur séchée encadrée qui lui rappelle la disparition de sa nièce bien aimée. Il engage Mikaël Blomkvist, journaliste sans travail, afin qu’il résolve l’affaire. Il y aussi Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et fouineuse, une cassos'...

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mardi, 04 mars 2008

Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme (McCarthy)

8758030d8df518732717c23df670d9de.jpgA la sortie du film, j'avais déjà regretté la mauvaise traduction du titre : "old men" c’est un pluriel. D’autre part, "ce pays" est à comprendre en tant qu’endroit, espace. En gros ce pourrait être : il n’y a pas de place pour les vieux (hommes).
C’est un peu plus dans le ton du livre, désabusé, où le shérif constate que la violence ainsi que l’indifférence augmentent, et que ce monde se déshumanise…
Résumé : Moss, vétéran de la guerre du Vietnam, parcourt le désert pour chasser. Un jour, il décourve des véhicules chargés de drogue et des hommes étendus, morts. Un seul réclame à boire. Moss en retrouve un autre inerte lui aussi, une valise remplie de dollars près de lui. Moss voit la chance de sa vie : devenir riche, gâter sa jolie petite femme, se créer une autre vie. Mais dans la nuit, il se souvient de cet homme qui lui demandait de l’eau et décide de retourner voir s’il est possible de faire quelque chose pour lui. Ce sera l’erreur de sa vie, le début de ses ennuis, le début même de sa mort…

McCarthy a du style ! Il ne s’encombre pas de détails inutiles, sait créer une atmosphère, intègre le dialogue au reste du texte, pratique l’ellipse qui brouille quelque peu la lisibilité, mais sait savamment poser les enjeux de ses personnages principaux. C’est fort, très très fort.
Réellement un auteur que j'apprécie...

p.247 : « Demande aux mères des soldats morts au combat quel prix elles ont payé et ce qu’elles ont payé et ce qu’elles ont eu en échange. On paie toujours trop cher. Surtout pour les promesses. Ça n’existe pas, une promesse au rabais. Tu verras. Tu l’as peut-être déjà vu. »

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samedi, 01 mars 2008

Mon traître (Sorj Chalandon) Grasset

8271ffdc7869b2ab7c22323fa02d1a88.jpgAlors là, c’est une merveille ! Un sommet d’intelligence, de grâce, de sensibilité. Des phrases à la fausse simplicité qui cache une exigeante écriture. Toutes au service de la narration, tendues. Et pourtant, on sait qui a trahi et si on se demande pourquoi, là n’est pas l’essentiel. L’essentiel est dans l’évocation d’une Irlande authentique, combative, rebelle, des années 80 ; d’une relation d’amitié troublée ; de pubs, de bières, d’hommes et de femmes dans le combat, la lutte, la guerre.

résumé : Antoine est luthier, français, et découvre l’Irlande en guerre. Il va devenir Tony, pour les gens de Belfast qu’il verra vivre, souffrir et se battre. Il y a Tyrone Meehan, le traître avec qui il partage des bières, des silences, une part d'amitié...

Incroyable comme ce livre sonne vrai ! Par le talent de l'écrivain, bien sûr, par ce mélange aussi de réalité et d'imaginaire : Tyrone c'est Denis Donaldson, exécuté le 4 avril 2006, alors que Sorj Chalandon écrivait l’histoire. Il a été tué par une arme de chasse, dans le petit cottage familial qui le cachait. Nous ne savons pas qui tenait le fusil. Personne n’a été accusé ce jour.
Il rappelle que la guerre ne fait que des victimes. Ca fait du bien de s'en souvenir...

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jeudi, 28 février 2008

Les derniers indiens (MH Lafon) Buchet Chastel

ab58c5d3c169ade33fc5d89cdcc17cff.jpgbof, bof, bof... MH Lafon décrit excellemment une région auvergnate et des autochtones en voie de disparition. Ces derniers indiens sont vraiment d'une espèce qui s'éteind. C'est sans doute un bien. Car cette évocation n'appelle pas à la nostlagie. On y voit une triste famille qui vit sa vie en regardant celle des voisins...
résumé : Les Santoire sont paysans propriétaires fiers de leurs biens et de leur passé, et leurs voisins, simples ouvriers agricoles sans manières. Un monde qui décline et un monde en devenir. Un tableau de familles, en pays clos, à la vie à la mort...

Une galerie de portraits : Marie, la narratrice ; Alice, la petite fille tuée ; Pierre, le frère malade ; La mère, le père..., des phrases ciselées, une brillante chute mais une lancinante sensation qui parcourt le livre : l'ennui...

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samedi, 23 février 2008

Eloge du silence pendant l’amour (Lisa Azuelos) Plon 2008

327be5ef940a761fe8828840564dc4e4.jpgP.54 : "Pas d'emballement de pouliche. Les femmes que je connais - dont je faisais partie - sont ainsi. Une nuit avec un surfeur et elles s'imaginent lui faire la popote à Hawaï."
Je commence ce post par une phrase qui caractérise le ton de cet agréable roman. On commence par une virée dans un camp nudiste, pour finir avec la difficulté d'assumer une vie affective et sexuelle débridée depuis un divorce. J'ai passé un bon moment, et n'en garderai sans doute pas un souvenir éternel...
résumé : Chronique douce et drôle d'une trentenaire divorcée, mère de famille, dont le cœur s'est fracassé un soir de Noël quand son compagnon l'a quittée : " Avec mon cœur dans sa minable valise, pleine de mon minable passé avec lui, une brosse à dents, quelques caleçons et trois chemises dont une repassée par mes soins. " Pour se remettre à l'endroit, il faut marcher à l'envers. Du nouvel homme, arrivé par hasard, on ne veut rien savoir. On connaît l'odeur de son savon avant de connaître son nom. On fait parler les corps pour mieux taire les mots. Le silence est-il la clef des passions qui durent ?

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mercredi, 06 février 2008

Pédiluve et bénitier (D. Resch)

3be04f381c6ff4eba4a9b211a7ba98b3.jpgIl est sorti ! La suite des "poules" est sortie, pour la modique somme de 13€. Achetez-le sans hésiter ! C'est un petit éditeur et un auteur talentueux... Je vous ferai un compte rendu très prochainement...
Comme promis, le petit commentaire : Bon voilà... me voilà dans un bar, une matinée de vendredi, à déguster un (grand)café et une patisserie 100% beurre que seul les bretons savent faire.
Je suis en week-end, détendu, bientôt j'irai à la piscine, je vous raconte ma vie et l'auteur nous raconte la mort, celle de son père. Pourtant, c'est un instant de grâce, de bonheur suspendu... [magré le malheur puisque la scène d'ouverture est une scène d'enterrement], mais de bonheur tant l'écriture est aérienne, les mots percutants et les images justes et attendrissantes... Je suis en empathie.
Je savoure (et le gâteau et la narration) sans lâcher ni l'un ni l'autre car l'un part en miettes, et le ton décalé de l'autre oblige à un minimum de concentration. Il en est parfois de la littérature comme de la pâtisserie... l'excès a du bon. J'avance doucement, je me délecte, j'apprécie les nombreux bons mots; des détails percutants font revenir des souvenirs d'alors (mais comment l'auteur a-t-il pû se souvenir de ça ?)... jusqu'à ce que le sympathique cafetier bavard me tienne la jambe et m'empêche de continuer. Il me parle de ses problèmes d'assurance, de ses terrains inondables... la vie quoi !
Pas grave, je le retrouverai plus tard, à la récré.
Et plus tard, je retrouverai Nathalie, Thierry et Claude "ces cons", la petite musique de la narration, les années 70 et l'humour, l'humour toujours qui vous fait prendre la vie comme elle se doit : au tragique. Avant nous aurons des problèmes d'assurance, de propiétés... mais un jour, c'est sûr, ON VA TOUS MOURIR ! Mais quand c'est nous qu'on meurt, c'est moins grave, on emporte avec nous les mots qu'on n'a pas dit. Mais quand c'est un autre qui s'en va, qui nous lâche ainsi, sans prévenir, et qu'on reste avec des mots essentiels comme "bonne journée" ou " à ce soir"... c'est plus embêtant.
Et rien que pour ces mots là, restés en travers de la gorge, ça vaut un livre.

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La Route (Cormac McCarthy)

efd3ca500edb31ece231c042c9389820.jpgLe monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie d’objets divers. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid, et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie.

Quel plaisir de lecture ! Un style dépouillé mais d'où surgit parfois les étincelles :
p.21 : "Oui. On oublie ce qu'on a besoin de se rappeler et on se souvient de ce qu'il faut oublier."
Pas de chapitre. Des dialogues sans tiret ni guillemet, mélangé au texte. Un champ lexical de couleurs ternes est recouvert par la nuit et par la cendre. Où même la neige est grise. Un père (c'est "l'homme"), un fils (qui n'a pas de prénom lui non plus), un décor extrême, minimaliste. Un livre qui secoue, et qui "tient la route", comme m'a dit quelqu'un, un livre qui nous interroge, où l'on se demande à quoi il sert de vivre mais pas celui de savoir à quoi ça sert de lire ! tant le plaisir est immense.
Annoncé comme un chef-d'oeuvre, c'en est un !!!

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lundi, 28 janvier 2008

Un soir de décembre

d778262b05a50ce3e1d447e4aa6ee764.gifMatthieu Brin, auteur comblé par le succès, reçoit une lettre de son ancienne maîtresse Sara. Dès lors, sa vie affective et familiale s'en trouve perturbée...

Il suffit de quelques mots pour que la mécanique bien huilée de son bonheur conjugal s’enraye. Le couple qui se délite quand l’un des deux va mal. Un très beau texte sur l’écriture, le doute et la fragilité.
De la noirceur, de la tension, de l'épaisseur...
Une belle découverte.

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vendredi, 25 janvier 2008

Se croiser sans se voir (Jean Laurent Caillaud)

26e952d5a1cab673b27c470c5845d2a6.jpgJe ne partage pas l'enthousiasme recontrée ici ou là, car ce livre épistolaire non dépourvu de charme, m'est apparu légèrement préfabriqué, limite simpliste, avec une fin attendue. Bref, une déception sans aller jusqu'à parler de nullité !
Il se lit vite, c'est déjà ça !
résumé : Une plaque commémorative sur une façade du boulevard Saint-Michel, en mémoire d'un résistant abattu en 1943. Un inconnu accroche un mot de quelques lignes sur la plaque. Touchée par ce message, Emma, qui habite le quartier, lui répond...

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samedi, 19 janvier 2008

Paranoid park (Blake Neson, Hachette 2007)

e48ebca0feb2eeb26c56c5cb0376ada9.gifVoilà du bon, du très bon. Ce livre qu'on m'a conseillé, a répondu à mes attentes.
Une histoire bouleversante, sombre, poignante, écrite comme une confession, à la 1ère personne du singulier... car il est singulièrement seul dans sa tête pour assumer ses actes.
Phrases courtes pour faire jeune et dynamique, style efficace sans métaphore ni descriptions, ce livre sonne et raisonne juste. Et c'est bien le moins pour évoquer le monde des ados...
Paranoid Park (adapté au cinéma par Gus Van Sant) est l’histoire d’une innocence perdue, d'un fait divers, d'une banale virée qui dérape...
Une histoire sur la responsabilité, la fragilité des choses, la brieveté... Un gros coup de coeur.

Résumé : Le jeune héros du roman (dix-sept ans) passe pour un bourge. Sa famille se délite, il zone dans le park des skaters. Entraîné bien malgré lui dans un incident qui verra la mort d'un vigile, le voici en proie à la culpabilité Un mort, pas de témoin. Que faire ? Appeler la police, en parler à son père, se confier à ses ami(e)s ?...

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vendredi, 11 janvier 2008

Les jolis garçons (de Vigan, Lattès)

2f550cd5837aa86f1a1cd0af1c450adf.gifAprès le superbe No et moi, j'ai éprouvé l'impérieuse envie de découvrir cet auteur. Déconcerté (désagréablemet), j'ai trouvé, tout de même, ici où là, quelque plaisir de lecteur.
Composé de trois textes, j'ai crains un moment de devoir partager la vie de cette foldingue. Fort heureusement, le récit embraye sur deux autres histoires bien plus captivantes. Ce n'est pas grandiose, mais enfin... l'idée de base est bonne (trois hommes, trois moments dans la vie d'Emma) est pensée (peut-être trop), travaillée (peut-être trop), et a chassé la simplicité qui fait tout le charme de son dernier roman.
Je donnerais donc un (tout) petit 2/5
résumé : Emma, douce et fantasque, a lu trop de livres et vu trop de films. Elle aime l'amour, l'amour qui se rêve et s'invente autant qu'il se vit.
extrait, p.172 : Alors il m’a semblé que Milan comme les autres, n’était qu’un leurre, et que ces choses n’arrivent que parce qu’on en a tellement envie, ou besoin, qu’elles n’ont d’évidence ou de nécessité que celle qu’on veut bien leur accorder, et finalement ne résistent jamais à l’épreuve des heures, et que toujours vient le moment où il faut prendre conscience de l’immense imposture qu’est la rencontre de l’Autre

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samedi, 29 décembre 2007

Le journal d'Aurore, t.1 (Marie Desplechin, EDLoisirs 2006)

fbf60e42692b95a94882fb14da4030bc.gif"Jamais contente" et toujours drôle, c'est un condensé d'humour, de clichés, d'instantanés de nos petites (in)suffisances de parents, faiblesses de géniteurs et génitrices... ah, que voulez-vous, personne n'est parfait ! Mais quand même ! Ne le sommes-nous pas un peu plus qu'eux ?
en résumé : le journal d'une ado rebelle en mal de tout ! Aurore tient un journal intime. Mais qu'écrire ? Ses amours, ses ami(e)s, ses emmerdes...
Le serial lecteur en a (bien) parlé "Marie Desplechin nous livre là un superbe condensé de psychologie adolescente !!"
et chiffonette également "bon pour le moral"

D'octobre à septembre, l'histoire d'une ado en pleine crise... l'histoire d'une casse-pieds, d'un condensé de petitepeste, jamais contente (d'où le titre), amoureuse (oh la la !), cancre, égocentrique... surtout égocentrique...
Le point de vue de l’ado est bien retranscrit, sans jamais être tempéré par une opinion parentale (moralisateur par exemple); c'est vivant, ça décape, ça fait du bien !
Mais oui, car du début à la fin, on est dans la tête de cette ado.

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mardi, 25 décembre 2007

Madeleine (Amanda Sthers, Stock 2007)

80656e2d95eec0305a05fe864d5b9ccd.gifMadeleine est une femme qui se sous-estime, se trouve moche, insignifiante, et accepte une relation (?) strictement (purement n’est pas ici adapté) sexuelle (ça c'est bien réussi). Si le roman est bien écrit (phrases courtes, efficaces), on peut regretter les clichés (la Bretagne pluvieuse et alcoolique – oui je sais en même temps c’est pas faux non plus…) et une fin totalement prévisible.
Fan de people, cette Amanda est l'ex-femme de Bruel (le Patrick) et a, semble-t-il, profité largement d'une bonne couverture de presse que ne méritait pas forcément ce roman, ni complètement raté, ni totalement abouti. Un roman facile.
Un roman, comment dire... sans plus !
Résumé : Madeleine, quarante ans, vit seule à Brest. Elle est agent immobilier. Castellot, un homme d'affaire déprimé, cherche des maisons dans la région.

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dimanche, 23 décembre 2007

Wisconsin (M-R. Ellis) Buchet Chastel 2007

506d83bd2c1e5cb262afbd85ae93cf21.jpgTouché par la grâce de cet incroyable (premier) roman... quel plaisir de retrouver chaque jour, avec le même enthousiasme, la vie d'un clan, d'un trou perdu (le Wisconsin où la température peut descendre à -25°), d'une époque (la guerre du Vietnam), tout le long de trois étapes (1967, 1983 et 2000), racontées par plusieurs voix où les sujets (la famille, l'acoolisme, la guerre, la ruralité, la maltraitance...) s'entremêlent avec bonheur...
Vraiment tellement chouette !
Il faut me croire sur parole, car je peux bien l'avouer, le résumé à lui seul ne m'aurait pas spécialement tenté...
Résumé : Dans le Wisconsin, le père est alcoolique, la mère de plus en plus dérangée, le fils John ne rêve que de départ… vers la guerre du Viêt-Nam pour prouver à son père qu’il n’est pas comme lui, un mythomane violent, quitte à laisser son petit frère, Bill, ses sympathiques voisins qui éprouveront l'éternel regret de ne pas avoir d’enfant…

Véritablement, "Wisconsin" est un roman noir et lyrique, un roman stupéfiant, un bonheur de lecture qu'on voudrait faire partager, au style simple et sublime, un de ceux qui jalonne notre vie de lecteur et vous marque pour longtemps.
Et qui mérite la note maximale !!!

Voir une autre critique tout aussi enthousiaste... "Un beau roman, prenant et finalement, résolument optimiste."

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samedi, 01 décembre 2007

La pension Eva (Andrea Camilleri) Métailié 2007

e2804cc98c6c05672801562a8c141247.gifAndrea Camilleri, plus habitué au polar, livre un court roman d'apprentissage, jubilatoire, qui se passe en Sicile dans les années quarante.
C'est grâce à Cathe que je me suis plongé dans cette histoire, attiré par ces quelques mots : "Voilà un petit livre absolument délicieux avec lequel j'ai passé un moment très agréable. Les descriptions coquines sont charmantes et les personnages très attachants."
l'histoire : de Néné, 12 ans, qui est, comme ses potes, attiré par la pension Eva. « Nenè le savait (...) : c’était querque chose de mieux qu’une auberge et querque chose de pire qu’un hôtel. » En attendant il joue au docteur avec sa cousine et cherche un moyen pour entrer dans la pension.

13:15 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

jeudi, 22 novembre 2007

Du vent dans mes mollets (R. Moussafir, Intervista 2006)

e60091f39417cca6be20f49448a20a7f.gifAprès avoir savouré "et pendant ce temps-là...", je me suis emparé du 1er. L'effet de surprise passé, j'ai trouvé celui-ci moins drôle mais plus tendre.
Résumé : Rachel a des problèmes. C'est pourquoi elle va voir "la dame"... Et elle n'a pas sa langue dans sa poche...
...et comme dit l'autre : "L'écriture de Moussafir vaut son pesant de malabar." Ou de Carambar. Ou de Scoubidou. Ou de sucettes Pierrot. Mais quoi, c'est délicieux.

Extraits du livre:
Madame Trebla m'a dit de m'installer, qu'elle en avait pour deux minutes. Elle est revenue au bout de cinq minutes avec du chocolat au coin de la bouche et un morceau de papier-toilette collé sur le pouce.
«Vous avez du papier-cul sur le pouce, madame Trebla.» j'ai dit.


(...) Et moi je sais très bien qu'un physique spirituel, c'est un physique qui a plus d'esprit que de beauté et que si j'avais eu un physique plus beau que spirituel, on n'aurait pas été deux à mon goûter d'anniv'.

15:10 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

dimanche, 18 novembre 2007

No et moi (D. de Vigan, lattès 2007)

5f7a2fff3d5ccf06ac351913dacc4ac2.jpgJe lisais une chronique de l’Express qui encensait ce roman. Méfiant mais intrigué, j’ai entamé ce livre que j’ai lu… doucement ! Pour en profiter, faire durer le plaisir des retrouvailles, le bonheur de lire, de comprendre, de partager.
Car voici un magnifique roman sublime, une bulle de douceur dans cette rentrée littéraire…
et je pèse mes mots : une merveille.

« Moi », c’est Lou, treize ans. Surdouée, elle vit entre un père qui force la bonne humeur et une mère qui n'arrive pas à se remettre du deuil d'un enfant. Lou, qui a deux ans d'avance et accumule les bonnes notes, n'a pas d'ami(e). Néanmoins, elle panique à l’idée de la présentation de son prochain exposé. Mise en demeure par son professeur de lui donner un sujet, elle évoque un problème de société : les femmes de plus en plus nombreuses à vivre dans la rue. Elle rencontre donc No (pour Nolwenn) et l’invite à prendre un verre...

On entre aisément, intensément, dans la peau du personnage, touché par sa solitude, concerné par son combat contre l'indifférence. Seule, perdue mais vivante, on accompagne Lou, on la soutient, on l'aime.
Outre la belle langue évocatrice, la qualité principale de ce roman est son humanité. D'une humanité sincère, sans fausse note, il évolue sur la corde raide de ce sujet casse-gueule, sans jamais tomber. Du grand art, un magnifique tour de force et de tendresse dont on sort ébloui !

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mardi, 13 novembre 2007

Sors de ta chambre ! (Karine Reysset) médium 2007

cc274e93e34139ea83e694c71af186b6.gifRésumé : Depuis la mort de sa mère, Clara a accepté le remariage de son père, les photos enlevés des murs, les objets relégués à la cave, la nouvelle déco. Mais laisser son père vendre la maison de vacances où les cendres de sa mère ont été dispersées...

Un livre pour ado ? Avant tout un livre magnifique ! Un livre touchant, poignant, sur un sujet délicat (la maman vient de mourir). On partage la détresse de cette jeune fille, de sa vie qu’elle voit se transformer.
Une fin subtile.

Nota bene : Un livre pour ado c'est pas seulement pour les ados !!!

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dimanche, 11 novembre 2007

Le musée de la sirène (C. Petitjean-Cerf) Points

22d3fe3168f25900317269df43fbb0dc.gifDans un restaurant chinois, Annabelle vole une petite sirène. S’ensuit alors, une curieuse relation seulement perturbée par les élèves d’Annabelle, dont Francis pour qui elle éprouve plus que de l’amitié. Talentueuse, la petite sirène peint et chante...

Les phrases sont courtes. Sans charme. L’histoire aussi ! Elle déroule sans qu’on s’attache nullement à l’un ou l’autre des personnages. Un livre inutile dont je n’ai pas toujours compris à quoi servait la lecture.

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lundi, 05 novembre 2007

L’homme du soir & Birdman (Mo Hayder) Pocket

f275041a5add177aa232d6036f640623.jpgRésumé : A Londres, un môme est enlevé à son domicile, en présence de ses parents retrouvés ligotés et déshydratés après trois jours de séquestration. Les enfants du voisinage évoquent un mystérieux "Troll". A Jack Caffery la pénible tâche d'enquêter : depuis la disparition - jamais élucidée - de son jeune frère, il est particulièrement sensible à ce type d'affaire...

J'étais persuadé que ce livre était son 1er… erreur, c’est la suite ! D’où ma surprise de départ en pensant que Hayder était si tiraillée par sa vie affective qu’elle brodait autour du même thème… Ici, elle reprend les personnages de Birdman pour une suite aussi macabre que le 1er opus. Sauf que le crime est un acte pédophile. Du coup, autopsie, climat angoissant… rien ne nous est épargné… et moi je commençais à fatiguer sérieux ! Oui mais… la narration très maîtrisée, le rythme (du début à la fin), le suspens, la noirceur, l'univers si particulier... la maestria de Hayder m’a rattrapé, m’a emporté, une nouvelle fois. Vraiment trop forte. Tout simplement excellent !

3bc7538155f1e142c50df0c8dc57b912.gif"Des cadavres retrouvés mutilés dans un terrain vague agitent la police de Londres. Jack, au passé trouble, est un inspecteur en devenir, tout le contraire de Diamond, son collègue brutal et raciste…"
Mo entremêle les intrigues persos et tisse un écheveau mouvementé, d’une plume toujours exquise. Je me suis senti concerné, en empathie avec cet inspecteur au lourd passé, agacé comme lui par ce monstre de l'autre côté de la voix ferrée, consterné par son amie, éprouvé par l'enquête, en un mot subjugué...
Sans doute la meilleure romancière à ce jour.
Quel talent !
Et vous, vous vous y mettez quand ?

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mercredi, 31 octobre 2007

La physique des catastrophes (Marisha Pessl, Gallimard, 2007)

ac1ca75bd6545cebbff0502b8f6b8761.jpgPrésenté comme LE livre de la rentrée litt' (genre les bienveillantes), j'ai calé au bout de la 110è page...
Le style est intéressant mais comme une eau forte qui s'étend, s'étale, s'attarde inutilement... Pessl c'est comme une bonne copine qui vous assomme de ses bavardages, ça va 5 mn et très vite on a envie de la prier de bien vouloir se taire !

Lu quelque part (sur la Fnac ?) cette critique bien vue :
"Marisha Pessl, ou comment fabriquer un phénomène littéraire qui semble n'avoir de phénoménal que la jeunesse et une domiciliation outre-atlantique. Et que Gallimard, accompagné d'une cour de critiques à la plume évidemment désintéressée, se prête à ce jeu, confirme que la télévision est entrée dans l'édition, pas forcément par effraction.
Quant au roman, enlevez-lui toutes ses insupportables boursouflures (avalanche de références sans intérêt, inondation de métaphores insipides, mitraillage de réflexions puériles, etc.), non seulement vous gagnez deux ou trois cents pages, mais par surcroît vous vous retrouvez aussi seul qu'en plein hiver au beau milieu d'une steppe caucasienne."


Comme Hélène je lui mettrais 1/5. Pour le papier...

19:05 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

vendredi, 26 octobre 2007

Les yeux jaunes des crocodiles (Katherine Pancol) Albin Michel, 2006

2a2bb09b29ddc61455e8e43a8f7bd921.jpgPour la Toussaint, je vous propose un bon gros pavé des familles... un "Ensemble c'est tout" version un peu trash... Histoires d'amour, de couples, de mensonges, de trahisons, d'argent, de rêves, de réussite… Une chronique familiale pleine de charmes. Univers chic, bourgeois, parisien, l'héroine Joséphine vengera beaucoup de femmes tyranisées par les hommes.
Si sympa, Jo, que je l'ai l'accommagnée bien volontiers dans ses galères de femme, soudainement délaissée, aux prises avec des difficultés financières ainsi que ses deux (plus ou moins adorables) filles...

Résumé : Antoine est malheureux. Lui, si brillant, qui croyait retrouver du travail bien vite, se traîne. Sa femme, Joséphine, l'assène de reproches. Et notamment de rejoindre sa maîtresse, à l'heure du déjeuner. Poussé à bout, il s'en va. Au moins, échappera-t-il à l'assommant déjeuner en compagnie de sa belle-mère... Joséphine tente, elle, de faire face...

Vraiment un très bon moment de lecture !

13:40 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note

jeudi, 25 octobre 2007

A l’abri de rien (Olivier Adam) Ed. de l’Olivier

697d28c360dec8ed4169592943785b8a.jpgRésumé : Marie, dépressive, se sent étrangère à son mari, ses enfants, sa vie...
Un jour, elle rencontre les «Kosovars», des réfugiés qui errent, abandonnés dans la ville. Marie décide de leur porter secours...

"Avec ce roman, Olivier Adam nous rappelle que la violence qui frappe les plus faibles est l'affaire de chacun. Et trace le portrait inoubliable d'une femme dépassée par la force de ses sentiments." nous dit-on. Bien.
Moi… je veux bien… j’étais prêt pour l’aventure, me prendre en pleine face une réalité qui dérange, et ça démarrait bien ! (de très belles 1ère pages) MAIS la soeur qui meurt, la directrice qui râle après les enfants qui n'ont pas de carte de cantine.... quoi ce monde si méchant... ce monde est si méchant que le livre m’en est tombé des mains ! A la 72è page, le côté misérabiliste, l’écriture terne, entêtant aura eu raison de moi.
Moi je veux bien déprimer mais que ce soit au moins dans la bonne humeur !!!!
C’est comme ça, lalalalala…


à lire de préférence le "Bord de mer" de Véronique Olmi.

10:20 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

lundi, 22 octobre 2007

Et pendant ce temps-là... (R. Moussafir, Intervista 2007)

50a36ffa0db7d7b19aa47d00285fd4f6.jpgEt pendant ce temps-là, les araignées tricotent des pulls autour de nos bilboquets... Rien qu'au titre on peut se douter que l'on va passer un joyeux moment ! Et en effet, on passe un joyeux moment. Pour reprendre une métaphore maintes fois utilisée, je dirais que c'est une friandise, un délicieux bonbon acidulé qui pique un peu le fond de la gorge. Mais alors quel plaisir ! Quel parfum ! Et si j'ai souvent souvent souri, j'ai même éclaté de rire par moment. Car la narration suit la pensée d'une petite fille espiègle et ses explications de texte agrémentent l'histoire de notes jubilatoires.
C'est dans la même veine que les "Poules" de Dominique Resch, autre bouquin joyeusement décalé.
Allez, laissez-vous aller à la drôlerie, ce n'est pas si fréquent de trouver des auteurs avec ce talent.

résumé : Rachel a six ans lorsqu'elle réalise que les adultes la prennent pour une dinde. Dorénavant, la dinde décide qu'elle va : se laisser acheter des robes de petite fille modèle, garder son calme, mais faire des lignes de crottes de nez contre le mur pour se venger, faire un petit feu de cheminée pour accueillir le Père Noël et le faire flamber comme une banane...

Ce livre fait suite à "Du vent dans mes mollets" que je vais m'empresser de lire...

10:25 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

vendredi, 19 octobre 2007

Un printemps de braises (A. Le Blanc, Fayard 2007)

949587e59409b1094eadd8b976a9d816.jpgRésumé : bientôt mai 68... Laura, brillante élève de philosophie et fille d'un résistant aujourd'hui décédé, tombe amoureuse de Vivien, transfuge de l'avenue Foch.
Peu à peu, Laura découvre un Vivien membre actif d'Occident (droite) et n'hésitant pas à se frotter aux militants de l'UNEF (gauche)... Elle souhaiterait le voir changer...


Comme il est agréable de retrouver ces années-là (mai 68)... l'effervescence politique, Nanterre, les étudiants, les amphis, le Viêt Nam, la gauche (l'UNEF et Cohn-Bendit), la droite (le MDF et l'Occident)...
Je regrette que l’auteur s’arrête en si bon chemin… J’aurais aimé retrouver les bandes cassettes qui se dévidaient, les vieux électrophones et les disques noirs toujours rayés au passage le plus langoureux, les vieilles Simca 1000 ou DS, les vieux bus verts, les flics à képi… de ce côté on se sent un peu frustré… il en manque, il en manque...
Pour autant, l’histoire déroule joliment son canevas qui traîne avec insistance (je pourrais dire lourdeur) sur l'histoire de cul.
Une belle virée tout de même...

14:35 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

mercredi, 17 octobre 2007

Le stagiaire amoureux (Th. du Sorbier, Buchet 2007)

bd66de96ebbf3cb26f16d3e84f358c00.jpgRésumé : Le stagiaire Amory, myope, boutonneux, maladroit , indolent et aimé des femmes, est la tête de Turc du rédac' chef (pervers) du Courrier d'Avesnes, Massicot. Déterminé à s'en débarrasser, celui-ci le nomme envoyé spécial permanent à Saint-Paulin-sur-Morbier, petit village paisible où il ne se passe strictement rien...


En écoutant la radio, moi qui n’écoute (presque) jamais la radio, j’ai entendu l’auteur parler de son ouvrage avec, me semblait-il, le plus grand sérieux. Il évoquait cet espèce d’hommes et de femmes appelés stagiaires, corvéables à merci, pour un emploi précaire de longue peine… euh durée, longue durée ! Et il en parlait suffisamment bien pour me donner envie de le lire. Mais je ne m'attendais pas à un tel humour caustique : phrases courtes, incisives, humour bulldozer, narration qui prend le lecteur à témoin, ce livre quoi qu'inégal, n'est pas dépourvu de charmes.
Au moins ne se prend-il pas au sérieux...

A lire p.25 : « Il est célibataire aussi, mais il n’aime pas le mot, il préfère vieux garçon, ça fait plus viril et militaire, ça vous a un côté obstiné et à qui on ne la fait pas, un air de baroudeur de jupons, de Nemrod de l’entrecuisse, alors que le célibataire est célibataire par défaut, un homme marié qui ne l’est pas encore, un époux qui s’ignore, autant dire une moitié de quelqu'un à qui il manque quelque chose. »

17:20 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

vendredi, 05 octobre 2007

L'échappée - Valentine Goby (Gallimard, 2007)

829202b9b8c338c176b99c3dc81dd838.jpgah !!! La note sensible... qui m'a laissé un si bon souvenir... de légèreté, de je ne sais quoi de volupté... Dommage, quel dommage… On retrouve ici la douceur de l'auteur, les thèmes qui lui sont chers (la solitude, la musique, l'amour…), et des passages d’une fulgurance ! (la tonte, la désespérance de la fille Anne "qui préfère être une fille de Boche qu’une fille de personne…"). Mais… le style, narratif, descriptif et lapidaire, ennuie, et les scènes restent figées... C'aurait pu être tellement bien, c'est juste bien. J'enrage d'un tel gachis !
Qu’il aurait été nécessaire d’y ajouter un peu de simplicité, un peu de modestie… d’élaguer pour sortir l’essentiel, ne pas se perdre dans les méandres d’un intellectualisme atténuant le propos. Raconter l'histoire aurait suffi, car... quelle histoire ! Magnifique ! Humaine ! Douloureuse.
Mais on tourne tellement en rond sur soi-même, au final, que l’auteur elle-même, semble incapable de faire le tri entre 3 fins possibles et propose donc les 3.
résumé : Madeleine, seize ans, devient servante dans un hôtel rennais dont les clients sont des militaires allemands. Un jour, débarque à l'hôtel Joseph Heine, célèbre pianiste allemand... Enceinte, Madeleine à la Libération sera tondue...

Voir aussi l'avis Chez Clarabel, qui souligne un débit lapidaire, un rythme quasi infernal, une pression qui enfle et l'impuissance, l'énorme frustration, la répétition insensée du même cauchemar, les quatre parties du roman et les grandeurs et décadences d'une femme amoureuse, d'une mère malgré elle et d'une fille qui ne connaîtra que l'absence.

16:05 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

vendredi, 28 septembre 2007

Le rapport de Brodeck (P.Claudel, Stock)

89a8ed64c4d519f55de49d6565d9f7c6.jpgRésumé : Brodeck doit faire un rapport sur les évènements (monstrueux) qui se sont déroulés dans son village. Tout en rédigeant, il se souvient de sa propre histoire...
Déception ! Horreur, malheur… plus de la moitié du livre avant de m’intéresser un tant soi peu à l’aventure de Brodeck. Je ne sais quoi dire, je cherche..., trouver quelque chose d’intelligent (c'est difficile)… argumenter (c'est pas facile)…
En gros, voilà : que dire de plus sur la déportation qui n’ait déjà été dit ? Qu'apporte celui-ci ? (c'est peut-être un mauvais argument)
Un style ampoulé, des techniques de narration qui ont fait leur preuve et dont l’auteur semble abuser. Un délayage inutile. Bref, de l’ennui (et de l’impatience car des tas de bouquins m’attendent, me narguent, m’attirent…).

M’est avis que : à la sortie des Ames grises , attendu au tournant, Claudel avait surpris son monde avec le magnifique La petite fille… et non pas un prétentieux bouquin qui aurait dit : "regardez comme je confirme que je suis bien un écrivain !" C’est peut-être le bouquin qu’il n’avait pas écrit alors, dont il nous gratifie aujourd’hui.
Et moi, ça m’a pas plu. Mais alors pas plu du tout. Enfin, jusqu’à la moitié où il abandonne les comparaisons assommantes (répétitions de comme), et où le puzzle se met en place. Brillamment. Et la fin emporte le tout, me fait même regretter un jugement peut-être hâtif...
Mais sûrement pas le meilleur livre de Claudel.
C’est pas grave ; je continue de l’aimer, Claudel. La preuve, qui aime bien, châtie bien.

Heureusement, certains ne partagent pas mon avis : voir Laurent ou Le bibliomane

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jeudi, 27 septembre 2007

La canapé rouge, Michèle Lesbre (Wespieser 2007)

6c368ec82c0ac5af957356676c3d6bba.jpgrésumé : Sans nouvelles de Gyl, son amoureux, la narratrice part sur ses traces et prend le transsibérien qui la conduit à Irkoutsk. D'extérieur (par les rencontres dans le train, sur les quais, les paysages qui défilent...), elle s'intériorise, lit, pense à la vieille dame laissée à Paris, sur le canapé rouge...
Le train, c’est bien ! L’enthousiasme de l’inconnu, des rencontres à venir… On s’installe, mais allez savoir pourquoi - est-ce le bruit régulier des rails, la chaleur des wagons, les paysages qui finalement se ressemblent ? -, on somnole, on s’ennuie déjà, on se voudrait déjà au terme d’un voyage qu’on a trouvé fastidieux.
C’est ce que j’ai ressenti à la lecture de ce bouquin. Un enthousiasme de prime abord par ces phrases ciselées, puis la monotonie, peu à peu, m’a gagné. Le train, c'est bien, encore ne faut-il pas décrocher ! Je suis descendu dès que possible (à Irkoutsk), lu la fin, et picoré de ce-ci de –là quelques bouts de phrases que j’ai laissé échapper comme des volutes de fumée d’un train vapeur aujourd’hui devenu inutile…
Je n'avais pas le bon ticket de la nostalgie; j'ai sauté en marche.

Et je rejoins cathe sur cette phrase : "Je dois dire que je n'ai pas complètement adhéré à ce charme, mais je pense que c'est vraiment une question de moment et ce livre trouvera certainement son public grâce au bouche à oreille et peut-être aux blogs..."
bon mais c'est mal parti !

11:40 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note

mardi, 25 septembre 2007

Les poules (dominique Resch, transbordeurs 11.2006)

de2a71ee80bcd78205f6b2ea3981cd98.jpgJe voulais relire ce livre, mais en ces temps de rentrée littéraire, il ne m'est pas possible de m'y replonger. J'ai donc relu quelques passages, retrouvé le charme d'une belle narration où les personnages se détachent du passé avec éclat. Alors j'en remets une couche... et je le crie (l'écris) haut et fort : à lire absolument, ce livre... pour se détendre, un livre drôle... un premier roman au style compact nourri d'un humour ravageur, qui ne s'encombre pas de fioritures.
Un livre qu'on peut conseiller, sans risque, à celui ou celle qui veut passer un bon moment.
en résumé : le monde, pour cet enfant, est une vague idée… puis, les lunettes… avec elles, le monde s'éclaire, s'ouvre au désir… les formes prennent form