mardi, 01 décembre 2009

Seul le silence (RJ Ellory, roman policier)

seul le silence.jpgSouvent les 4è de couv' sont risibles. Pour celui-ci, c'est un "pompon" signé Michael Connelly ! En plus de la dithyrambique critique, j'avais lu Ellroy ! Je me suis dit : "peut-être le fils, le neveu..." mal lu ! Elloooooooooory... ça n'a rien à voir, mais alors rien de rien ! Je pense que parfois les américains imaginent le film qui va être tourné de leur "merveilleux" scénario... moi je préfère dans ce cas-là, attendre la sortie du film, ça évite 400 pages lourdingues.

résumé : À 12 ans, il a découvert le corps d’une fillette assassinée. La première d’une longue liste. Depuis, cette mort le hante. Et quand des années plus tard le serial killer se remet au travail, Joseph n’a pas d’autre choix que d’affronter le monstre…

jeudi, 26 novembre 2009

L'annonce (Marie Hélène Lafon, Buchet 2009)

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Marie Hélène Lafon construit une oeuvre. Elle s'applique, s'éternise, prend son temps quoi ! Ici, elle délaisse son style court, ses images de chair et de promiscuité. On est toujours dans la "France profonde", rurale, paysane, mais le style est plus délié, les phrases sont longues et le ton presque badin. C'est ce qui cloche car d'abord enthousiasmé par un style impeccable aux innombrables virgules et aux mots abscons, le sujet se délite pour finir dans un ennui profond. Pour cette prof de lettres, moi je mettrais passable, juste passable. Mais peut mieux faire c'est évident ! Et j'attends...

résumé : Paul a quarante-six ans. Paysan, à Fridières, Cantal. Cinquante trois hectares, en pays perdu, au bout de rien. Il n’a pas tout à fait choisi d’être là, mais sa vie s’est faite comme ça. Paul n’a qu’une rage : il ne veut pas finir seul, sans femme.

samedi, 21 novembre 2009

Des hommes (Mauvignier, éd.Minuit 2009)

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Il en faut pour tous les goûts, certes, mais je m'étonne que ce style ampoulé plaise tant. J'en veux pour preuve (prenez votre respiration) : « Et ici c’est Marie-jeanne qui a vu la première, parce qu’elle était proche de Solange et qu’au moment où il est arrivé vers la table contre laquelle celle-ci s’était légèrement appuyée – sa main était posée sur le bord du plateau, bien à plat sur la nappe de papier, Marie-Jeanne cherchait à déguster encore un de ces merveilleux petits fours en forme de tartelette avec de l’anchois ou de la crème au thon lorsqu’elle a du se déplacer, se retourner, peu importe, et le voir soudain devant ele, de sorte qu’elle a cru qu’il était maintenant là, la main tendue avec cete petite boite non pas noire, comme je l’avais cru d’abord, mais d’un bleu nuit très profond, cerclé d’un liseré d’or, pour elle, pour lui offrir ce cadeau qu’elle n’attendait pas et qu’elle a vu venir de sa grosse main calleuse à lui, cet homme si inattendu ici, devant elle, si redoutable qu’elle aurait crié de tout façon, mêm s’il n’avait rien dans la main, même s’il n’avait pas tendu la main ni le poing, ni non plus cette petite boite bleu nuit. » p.17 Ça c’est de la phrase !

73 pages d’ennui, et il faut, parait-il dépasser les cent pour que ça commence vraiment (sur 280,  je m’étrangle !), et qu’enfin se termine ce livre pénible et qu’on recommence en s’apercevant qu’on a pas bien compris le début !!! Ben moi, 73 pages, ça ira amplement merci ! 

résumé : Il suffit de presque rien, d"une journée d'anniversaire en hiver, d'un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption. Ce passé c'est l'Algérie au moment des «événements», en 1960...

mercredi, 18 novembre 2009

l'échappée belle (Anna Gavalda, le dilettante)

l'échappée belle.jpgAttention : ceci n'est pas une nouveauté mais une nouvelle parue en 2001, introuvable depuis. Pour éviter que celle-ci se revende (souvent cher) sur Internet, la romancière a décidé de la rééditer en la relookant quelque peu. C'est excellent et très divertissant. Du Gavalda au sommet, imprégnée d'un vocabulaire croquignolesque (qui rognognoote p.9), ou agrémentée de tournures gavaldesques (ils se sont couchés fâchés et elle a dormi à l'hôtel du Cul Tourné p.2)

résumé : Simon, Garance et Lola, trois frères et sœurs devenus grands (vieux ?), s’enfuient d’un mariage de famille pour rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier dans un château. Ils vont s’offrir une dernière belle journée d’enfance volée à leur vie d’adulte...

vendredi, 06 novembre 2009

Jan Karski de Yannick Haenel (Gallimard, 2009)

jean karski.jpgBof, ça m'a pas emballé des masses... Drôle de livre que ce roman qui n'en est pas un. L'auteur reprend un livre et le commente. Des passages m'auront intéressé : la solitude, l'isolement de la Pologne désignée comme bouc émissaire du massacre des juifs, la violence feutrée de la société américaine rendue sourde... c'est à peu près tout et déjà pas si mal...

résumé : Voici le destin d’un courrier du gouvernement polonais en exil. En 1942, à l’âge de vingt-huit ans, après avoir visité par deux fois le ghetto de Varsovie, la Résistance polonaise le charge de prévenir les Alliés et d’ébranler les consciences. En vain...

mardi, 27 octobre 2009

Seville 82 (Pierre Louis Basse)

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On dit que les anciens se souviennent de ce qu'il faisait le jour où John Fitzgerald Kennedy fut assassiné à Dallas. Et du jour où l'homme mit un petit pied sur la lune quand l'humanité en faisait un grand. Ainsi, nous nous souvenons tous de cet instant où les Twins Tower sont tombées. Il est des images qui ne s'effacent pas, qui ne s'oublient pas.

D'autres, footballeurs mais pas seulement, se souviennent de ce match perdu par les français en demi-finale de coupe du monde contre les allemands. Plus encore de ce sentiment d'injustice... Pierre-Louis Basse nous fait revivre le match en y mêlant habilement philosophie ou musique allemande, dépassant ce seul cadre pour nous faire revivre une époque et une épopée. De la fin de celles-ci car, comme il le souligne, rien ne sera plus comme avant. C'est vrai. C'est juste. Et c'est surtout passionnant ! Même si je n'e partage pas toutes les réflexions exposées, j'aurais eu envie, comme avec un vieux pote, de refaire le match avec lui . Il est vrai que, ce soir-là, tous les éléments de la tragédie avaient été réunis...

lundi, 19 octobre 2009

19 secondes 83 centièmes (Pierre Louis Basse)

19 secondes.jpgPour les ignares dont je fais partie, ou ceux qui n'écoutent pas la radio dont je fais partie aussi, Pierre Louis Basse est journaliste à Europe 1. Son livre évoque un évènement connu de tous : celui de la folle course de deux américains qui sur le podium, (l'un finit 1er, l'autre 3è), lèveront le poing et baisseront la tête à la levée du drapeau de leur pays. Pierre Louis entame un étonnant voyage dans le temps et nous emporte dans ses souvenirs. C'est magnifique d'intelligence. La sensibilité qui accompagne généralement celle-ci, prend les traits ici de son père, prof de gym et militant communiste à une époque où tous les rêves étaient encore permis...

résumé : Marqué par la victoire de Tommie Smith aux Jeux Olympiques de 1968 et par la manifestation sur le podium de son refus de la ségrégation, les deux coureurs noirs américains, bras tendu et poing ganté de noir, l'auteur se souvient de la fin des années 1960. Il se souvient de la mort de Martin Luther King, des chansons de Joan Baez et Bob Dylan, de la guerre du Vietnam...

"19 secondes 83 centièmes c'est un instant mais ce jour-là, ils allaient courir pour l'éternité."

vendredi, 16 octobre 2009

Les heures souterraines (Delphine de Vigan)

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C'est chouette un écrivain qui ne vous déçoit pas ! Après la précarité (No et moi), l'adultère (Un soir de Décembre), l'anorexie (Un jour sans faim) et un autre qui ne m'aura laissé aucun souvenir (Les jolis garçons), l'écrivain expose avec sa justesse habituelle, les turpitudes du harcèlement. Son écriture est comme une goutte d'eau qui tombe : lumineuse, précise, impeccable. Avec juste ce qu'il faut de clarté, le parfait équilibre est atteint dans une économie de mots. "Ca se lit vite", dit-on, et c'est une immense qualité pour moi que cette légèreté; là où d'autres en auraient fait des tonnes, des pesanteurs de mammouths, elle distille une grâce dans la vérité qu'elle assène avec une précision chirurgicale. Car, pour avoir été confronté, d'une part à la vie d'une entreprise et d'autre part au harcèlement, j'ai été bluffé par la pertinence de son regard et la précision de son trait. Sûrement les cadres de grandes entreprises devraient baser leurs séminaires souvent idiots sur ces écrits. L'humanité y gagnerait sans doute et certains dirigeants ne diraient pas de telles âneries en évoquant "le suicide comme une mode"...

résumé : Dans son entreprise, Mathilde subit un harcèlement. Thibault travaille pour les Urgences Médicales de Paris. Ils ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser...

P162 : Elle se demande si l'entreprise n'est pas le lieu privilégié d'une mise à l'épreuve de la morale. Si l'entreprise n'est pas, par définition, un espace de destruction. Si l'entreprise, dans ses rituels, sa hiérarchie, ses modes de fonctionnement, n'est pas tout simplement le lieu souverain de la violence et de l'impunitéCQFD car se poser la question est bien évidemment y répondre !

vendredi, 02 octobre 2009

L'anglais n'est pas une langue magique de Jacques Poulin

 'anglais n'est pas une langue.jpgRetrouver un bon livre de Poulin, c'est comme retrouver un bon ami, au fin fond du Québec dans une cabane en bois. La cheminée vous apporte un peu de ce réconfort qui font les grandes amitiés. C'est tout simple. Comme le bonheur. Il nous parle d'"un homme qui est un lecteur professionnel (drôle de métier). Il a pour grand frère un écrivain célèbre pour qui il éprouve une grande admiration. Un jour, il a rendez-vous chez une femme pour une lecture. Mais elle n'est pas présente..."

Comme le dit si bien Sylire, l'intrigue est accessoire. Primordiale est l'ambiance. Sans aucun doute, les inconditionnels ne seront pas déçus. Les autres devront sans doute en avoir lu d'autres (la tournée d'automne ou Wolksvagen blues) avant de s'attaquer à celui-ci.

Moi j'y retrouve de l'humanité, une écriture chaleureuse sans esbrouffe, une simplicité talenteuse qui n'aurait plus rien à prouver. A croire que Jacques Poulin n'a jamais rien eu à prouver. C'est pour ça que j'aime sa littérature et qu'elle ne m'ennuie jamais.

vendredi, 04 septembre 2009

Mademoiselle Chambon (Eric Holder)

Mademoiselle Chambon.jpgOui, bon, ok, ce n'est pas de la première fraîcheur et surtout pas de la rentrée littéraire 2009... Mais le film (dont on dit du bien) sort incessamment sous peu*. Je l'ai donc sorti de la réserve où il commençait une longue nuit d'attente, pour l'ouvrir et lui faire prendre l'air. Et de l'air, j'en ai pris, grâce à une écriture légère, fraîche, étirant un scénario où il ne se passe pas grand chose mais qui séduit par la captation des petits riens qui font nos petites vies. Voici donc l'histoire d'un mari, de sa femme et de la maîtresse qui n'est pas vraiment la maîtresse même si elle est réellement la maîtresse de l'enfant... vous me suivez ? Moi ça m'est arrivé de tomber sous le charme des maîtresses (mais heureusement pas à ce point là !) et l'on éprouve l'attirance mutuelle qui s'opère et ravage intérieurement ces gens de peu... Un beau, un très bon moment... qui prouve qu'il est possible d'écrire un beau roman sans être trash !

 * Et, comme c'est la rentrée, un cours de rappel ne peut pas nous faire de mal : "Sous peu" est une forme elliptique de "sous peu de temps". Elle signifie donc "dans pas longtemps".
'Incessamment' est un adverbe dont la principale signification actuelle est "très prochainement".
Ce qui montre que nous avons ici un beau pléonasme dont le but est simplement de renforcer la signification. Son utilisation se fait, soit par quelqu'un qui répète une expression entendue sans avoir conscience de la faute ou qui tient vraiment à insister sur la courte durée, soit dans un contexte où l'ironie est de mise comme par exemple lorsqu'une personne dit à une autre "je reviens incessamment sous peu" en voulant signifier "toi, mon coco, tu peux toujours te brosser pour que je revienne".

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