jeudi, 26 novembre 2009
L'annonce (Marie Hélène Lafon, Buchet 2009)

Marie Hélène Lafon construit une oeuvre. Elle s'applique, s'éternise, prend son temps quoi ! Ici, elle délaisse son style court, ses images de chair et de promiscuité. On est toujours dans la "France profonde", rurale, paysane, mais le style est plus délié, les phrases sont longues et le ton presque badin. C'est ce qui cloche car d'abord enthousiasmé par un style impeccable aux innombrables virgules et aux mots abscons, le sujet se délite pour finir dans un ennui profond. Pour cette prof de lettres, moi je mettrais passable, juste passable. Mais peut mieux faire c'est évident ! Et j'attends...
résumé : Paul a quarante-six ans. Paysan, à Fridières, Cantal. Cinquante trois hectares, en pays perdu, au bout de rien. Il n’a pas tout à fait choisi d’être là, mais sa vie s’est faite comme ça. Paul n’a qu’une rage : il ne veut pas finir seul, sans femme.
06:05 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
samedi, 21 novembre 2009
Des hommes (Mauvignier, éd.Minuit 2009)

Il en faut pour tous les goûts, certes, mais je m'étonne que ce style ampoulé plaise tant. J'en veux pour preuve (prenez votre respiration) : « Et ici c’est Marie-jeanne qui a vu la première, parce qu’elle était proche de Solange et qu’au moment où il est arrivé vers la table contre laquelle celle-ci s’était légèrement appuyée – sa main était posée sur le bord du plateau, bien à plat sur la nappe de papier, Marie-Jeanne cherchait à déguster encore un de ces merveilleux petits fours en forme de tartelette avec de l’anchois ou de la crème au thon lorsqu’elle a du se déplacer, se retourner, peu importe, et le voir soudain devant ele, de sorte qu’elle a cru qu’il était maintenant là, la main tendue avec cete petite boite non pas noire, comme je l’avais cru d’abord, mais d’un bleu nuit très profond, cerclé d’un liseré d’or, pour elle, pour lui offrir ce cadeau qu’elle n’attendait pas et qu’elle a vu venir de sa grosse main calleuse à lui, cet homme si inattendu ici, devant elle, si redoutable qu’elle aurait crié de tout façon, mêm s’il n’avait rien dans la main, même s’il n’avait pas tendu la main ni le poing, ni non plus cette petite boite bleu nuit. » p.17 Ça c’est de la phrase !
73 pages d’ennui, et il faut, parait-il dépasser les cent pour que ça commence vraiment (sur 280, je m’étrangle !), et qu’enfin se termine ce livre pénible et qu’on recommence en s’apercevant qu’on a pas bien compris le début !!! Ben moi, 73 pages, ça ira amplement merci !
résumé : Il suffit de presque rien, d"une journée d'anniversaire en hiver, d'un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption. Ce passé c'est l'Algérie au moment des «événements», en 1960...
08:13 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 20 novembre 2009
et devoir apprendre...
et devoir apprendre à vivre sous les sifflets... et chaque fois qu'il rentrera sur le terrain, chaque fois qu'il en sortira, chaque fois que son nom sera prononcé au micro dans un stade, chaque fois qu'il recevra le ballon, chaque fois qu'il marquera, chaque fois qu'il fera une touche (puisqu'elle se font à la main), chaque fois... c'est long ! Heureusement qu'il est vieux !
Et vous savez quoi ? Ce n'est pas moi qui vais le plaindre ! (au prix qu'il est payé...)
entendu hier sur Canal + : quand Domenech perd, il demande la main à Estelle. Et quand il gagne, il demande celle d'Henry ! (gnarf gnarf)
13:43 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 19 novembre 2009
Fier d'être français ?
Lisez ceci même si (et surtout) si vous ne connaissez rien au foot ! Car il n'y a vraiment pas de quoi être fier... Fier d'être français ? Non la honte ! Car si je comprends bien certains : "Qu'importe le flacon..." Eh bien non, non et non !!! Deux ans pour en arriver là ! Deux ans pour se qualifier honteusement. C'est, pour un amoureux du foot, du sport et de l'éthique, une obscénité. Et je m'incline devant la sportivité de ces p... d'irlandais, car imaginons-nous un seul instant à leur place...
Domenech lui s'en contrefout. Et s'en contrefoot. Les autres, tous les autres qui n'aimez pas cela, il vous le dit, allez vous faire voir et ne dégoutez surtout pas ces abrutis beuglants, bariolés et ignares qui aiment ça...
Evidemment qu'il n'y avait pas penalty. Evidemment qu'il y avait main. Evidemment l'arbitre l'a vu, lui ou du moins son assistant. Je paierai cher pour me procurer les enregistrements des échanges entre arbitres pendant le match... Mais la France ne pouvait pas ne pas se qualifier. Economie oblige !*
Mais Domenech est heureux, il va continuer de se faire plein de blé et continuer de nous emmerder. Et c'est bien là l'essentiel d'après lui ! Car si vous n'aimez pas ça...
Et pour les amoureux de foot, c'est un drame que la plus mauvaise équipe de foot se soit qualifiée. Mais avec un peu de (mal)chance, on sera vite éliminé... (gnarf gnarf...)
* Tous les grands pays (Italie, Allemagne, Brésil et même Argentine) sont qualifiés. Sauf la Russie qui n'a jamais eu la moindre influence à la Fifa ! Magouilles on vous dit !!!
10:03 Publié dans amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
mercredi, 18 novembre 2009
l'échappée belle (Anna Gavalda, le dilettante)
Attention : ceci n'est pas une nouveauté mais une nouvelle parue en 2001, introuvable depuis. Pour éviter que celle-ci se revende (souvent cher) sur Internet, la romancière a décidé de la rééditer en la relookant quelque peu. C'est excellent et très divertissant. Du Gavalda au sommet, imprégnée d'un vocabulaire croquignolesque (qui rognognoote p.9), ou agrémentée de tournures gavaldesques (ils se sont couchés fâchés et elle a dormi à l'hôtel du Cul Tourné p.2)
résumé : Simon, Garance et Lola, trois frères et sœurs devenus grands (vieux ?), s’enfuient d’un mariage de famille pour rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier dans un château. Ils vont s’offrir une dernière belle journée d’enfance volée à leur vie d’adulte...
07:54 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 10 novembre 2009
les étourdis (Jérôme Deschamps)

Comment, mais alors comment recommander ce petit bijou d'humour ? Puisque c'est irracontable... Car en effet très visuel, avec des comédiens incroyables, des situations à mourir de rire, du burlesque, du "non-sens", de la quatrième dimension !
C'est une succession de tableaux avec une constante : un décor fixe où trône LE bureau du patron. Ensuite, ça devient parfois du grand n'importe quoi, avec des tas d'idées qu'on se demande où les auteurs peuvent bien aller chercher tout ça ! C'est du théâtre mais très proche d'un spectacle de rue, dans la fantaisie, l'inventivité et la maîtrise de l'ensemble qui m'a fait penser à du "très très haut niveau !"
ça raconte quoi ? C'est le monde des bureaux, de la bureaucratie, le monde du travail. Des chants, de la musique, de la danse, du mime, des dialogues surréalistes, des situations burlesques et enchaînées, un chien qui fout le camp lorsqu'on lui dit de venir... et ce n'est là qu'un minuscule aperçu d'1h40 de rires. Et en plus c'est encore mieux la 2è fois !
07:43 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
vendredi, 06 novembre 2009
Jan Karski de Yannick Haenel (Gallimard, 2009)
Bof, ça m'a pas emballé des masses... Drôle de livre que ce roman qui n'en est pas un. L'auteur reprend un livre et le commente. Des passages m'auront intéressé : la solitude, l'isolement de la Pologne désignée comme bouc émissaire du massacre des juifs, la violence feutrée de la société américaine rendue sourde... c'est à peu près tout et déjà pas si mal...
résumé : Voici le destin d’un courrier du gouvernement polonais en exil. En 1942, à l’âge de vingt-huit ans, après avoir visité par deux fois le ghetto de Varsovie, la Résistance polonaise le charge de prévenir les Alliés et d’ébranler les consciences. En vain...
08:32 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


