mercredi, 06 février 2008
Pédiluve et bénitier (D. Resch)
Il est sorti ! La suite des "poules" est sortie, pour la modique somme de 13€. Achetez-le sans hésiter ! C'est un petit éditeur et un auteur talentueux... Je vous ferai un compte rendu très prochainement...
Comme promis, le petit commentaire : Bon voilà... me voilà dans un bar, une matinée de vendredi, à déguster un (grand)café et une patisserie 100% beurre que seul les bretons savent faire.
Je suis en week-end, détendu, bientôt j'irai à la piscine, je vous raconte ma vie et l'auteur nous raconte la mort, celle de son père. Pourtant, c'est un instant de grâce, de bonheur suspendu... [magré le malheur puisque la scène d'ouverture est une scène d'enterrement], mais de bonheur tant l'écriture est aérienne, les mots percutants et les images justes et attendrissantes... Je suis en empathie.
Je savoure (et le gâteau et la narration) sans lâcher ni l'un ni l'autre car l'un part en miettes, et le ton décalé de l'autre oblige à un minimum de concentration. Il en est parfois de la littérature comme de la pâtisserie... l'excès a du bon. J'avance doucement, je me délecte, j'apprécie les nombreux bons mots; des détails percutants font revenir des souvenirs d'alors (mais comment l'auteur a-t-il pû se souvenir de ça ?)... jusqu'à ce que le sympathique cafetier bavard me tienne la jambe et m'empêche de continuer. Il me parle de ses problèmes d'assurance, de ses terrains inondables... la vie quoi !
Pas grave, je le retrouverai plus tard, à la récré.
Et plus tard, je retrouverai Nathalie, Thierry et Claude "ces cons", la petite musique de la narration, les années 70 et l'humour, l'humour toujours qui vous fait prendre la vie comme elle se doit : au tragique. Avant nous aurons des problèmes d'assurance, de propiétés... mais un jour, c'est sûr, ON VA TOUS MOURIR ! Mais quand c'est nous qu'on meurt, c'est moins grave, on emporte avec nous les mots qu'on n'a pas dit. Mais quand c'est un autre qui s'en va, qui nous lâche ainsi, sans prévenir, et qu'on reste avec des mots essentiels comme "bonne journée" ou " à ce soir"... c'est plus embêtant.
Et rien que pour ces mots là, restés en travers de la gorge, ça vaut un livre.
12:25 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note



Commentaires
Le titre est en tout cas une trouvaille, entre le pédiluve où on se lave les pieds pour aller dans la piscine ou dans l'exploitation agricole mise en quarantaine et le bénitier où l'on plonge la main pour chercher à se laver l'âme l'imaginaire a vite fait d'imaginer des rapprochements
Ecrit par : christophe fétat | lundi, 21 janvier 2008
tes commentaires sont un vrai bonheur, Christophe, merci !
Ecrit par : Philippe | lundi, 21 janvier 2008
Merci à toi !
(J'aime bien le petit commentaire de Christophe Fétat... Muet comme une carpe diem, d'habitude)
Dominique.
Ecrit par : Dominique | lundi, 04 février 2008
oh là, je n'ai toujours pas lu le premier... peut-être que mon libraire me fera un prix de gros pour les 2 ?! ;-)))
(ah zut, j'oubliais, ma résolution 2008 de ne pas acheter de livres tant que ma PAL n'a pas diminué en dessous de la centaine... galère ! ;-)
Ecrit par : Tamara | mercredi, 06 février 2008
On dirait que tu as aimé là ;-) Bon moi comme j'ai lu le premier, je crois que je vais me laisser tenter.
Ecrit par : Gachucha | mercredi, 06 février 2008
Je t'aime bien mais... je t'ai tagué ! désolée :-)
http://www.tamaculture.com/index.php/2008/02/08/ca-ne-fait-rien-x6/
Ecrit par : Tamara | vendredi, 08 février 2008
Salut.
T'as des mots qui cognent, toi. Mais attention... pas juste parce qu'ils me font plaisir. Non. Parce qu'on voit que tu les aimes, les mots... Comme moi, frère ! (Si je peux me permettre). Même ceux qui restent en travers de la gorge, comme tu le dis SI BIEN.
Merci.
Dominique Resch.
Ecrit par : Dominique | dimanche, 10 février 2008
Moi, à la mort de mon père, je n'avais pas de mots qui me sont restés en travers de la gorge, mais l'idée que, peut-être, on aurait pû aller plus loin dans l'affection et le partage.
Avec ou sans mot...
Et il y a une grande justesse dans les tiens... merci à toi Dominique.
Ecrit par : Philippe | lundi, 11 février 2008
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