jeudi, 24 décembre 2009

Joyeux Noël !

con-d-architecte.jpg
Joyeux Noël à tous !
(et spécial dédicace à celle qui m'a envoyé ce dessin)

lundi, 21 décembre 2009

C'est Noël !!!

POU-POU-PI-DOU-C-EST-BIENTOT-NOEL.gifL'excellent incoldblog m'a demandé de jouer... Bon, moi... faut pas trop me pousser quand même ! "Les fêtes de fin d’année approchent. Cette année, en plus de sa cargaison de cadeaux, le Père Noël accepte de transporter en ton nom un seul livre." Quels sont le titre et l’auteur du livre qu’il doit acheter, puis transporter ? A qui doit-il l’apporter ?"

A cette question très, mais alors très difficile, j'avais pensé offrir un livre sur "Comment faire moins d'enfants, la contraception mode d'emploi !" aux chinois et aux africains. "Polluer moins, pêter plus" aux américains. "Comment ne plus voter Berlusconi" aux italiens et dans la même collection ""Comment ne plus voter Sarkozy" aux français... mais ça fait quand même beaucoup de monde à satisfaire pour un seul soir... En réalité, j'ai un rêve bien plus grand : j'aimerais que le Père Noël apporte un livre, n'importe quel livre. Car je voudrais qu'il l'apporte à des gens qui me manquent et qui me manqueront éternellement...

"Que doit-il mettre sur le petit mot qui accompagne le livre ?"

Si tu ouvres ce livre c'est que t'es encore en vie et ça me suffit. BON NOEL A TOUS !

 

samedi, 19 décembre 2009

lettres de l'intérieur (théâtre)

lettres de l'intérieur.jpg
A l'origine, c'est un roman de John Marsden (collection Médium 13/14 ans) joué par la Compagnie La Part des Anges, les très talentueuses et très émouvantes actrices Marie Nicolle et Joséphine Serre sur une incroyable mise en scène de Pauline Bureau.
Comment dire... Tout est beau, magnifique et magnifié, émouvant... un silence de cathédrale, le public est tout oreille, suspendu aux mots qui sortent des lèvres des comédiennes, à leur jeu, leurs sourires, leurs détresses qui nous rendent bouleversés au bout d'un peu plus d'une heure d'un spectacle rare. Je ne saurais trop vous conseiller d'aller le voir et si vous connaissez un programmateur avisé, de lui suggérer de faire venir ce spectacle... Moi, encore si retourné, j'y retournerai volontiers...

résumé : Mandy répond à l'annonce de Tracey, parue dans un fanzine. Les deux filles ont 15 ans et plein de choses à se raconter. De mois en mois et de lettres en lettres, elles se dévoilent et s'attachent l'une à l'autre. Tout bascule le jour où Mandy découvre que dans le lycée de Tracey, personne ne la connaît...

vendredi, 11 décembre 2009

Le club des incorrigibles... (JM Guenassia, Albin 2009)

leclub.jpgEn voilà un livre qui est bien ! Un livre qui nous replonge dans les années 60, la guerre d'Algérie, la guerre froide (mais pas dans mai 68). Un pavé à l'écriture efficace, au montage astucieux, au sérieux des descriptions... Comme souvent, il est vrai, le Goncourt des lycéens est de belle qualité. Et c'est ici le cas, et contrairement à ce qu'aime Kactuss (qui apprécie quand ça balance !) on ne peut pas toujours être en désaccord avec tout le monde. Il faut donc le dire : c'est "subtil, puissant, épatant, magistral, vivant, tendre, excellent, immense, étonnant, réussi, passionnant, ambitieux, formidable, ample, généreux, savoureux, doux-amer, intelligent, profond, beau..." bon je retire formidable (du Nouvel Obs) car, comme me l'avait enseigné une vieille prof de lettres, formidable veut dire qui fait peur... or on éprouve de tout sauf de la peur !

Un bon gros roman d'apprentissage truffé de personnages savoureux, de magnifiques histoires et de suspense(s)... et de détails qui font le prix de la vraissemblance. p.51: "Il a aligné cinq billets sur le comptoir. Un henri-IV et quatre richelieus. Je n'osais pas les prendre. Je fixais Sacha." Moi j'ai connu ces billets et même le Victor Hugo. Oui Mônsieur !

résumé : Michel Marini a douze ans en 1959. C'est l’époque du rock’n’roll et de la guerre d’Algérie. Sa passion c'est jouer au baby-foot et écouter de la musique de "sauvage". Dans ce café, il fait la connaissance de curieux consommateurs, Kessel, Sartre... et d'éxilés du bloc soviétique qui ont en commun la passion des échecs...
nota bene : Ce n'est pas le premier roman de Jean-Michel Guenassia car il aurait écrit un polar qui a reçu un prix.

mardi, 08 décembre 2009

Pas à pas... (Bertrand Tavernier, Flammarion, 2009)

Pas à pas dans la brume électrique.jpg"Pas à pas..." évoque, jour après jour, le tournage du film "dans la brume électrique" d'après le roman de James Lee Burke ; le film est sorti en France en avril 2009. Pour les amoureux de cinéma, c'est extra. L'intelligence de Tavenrier ne cache pas les (nombreuses) difficultés rencontrées, les problèmes de management des acteurs, des lectures de scripts et autres impondérables de tournage. Mais il le fait toujours subtilement, sans s’appesantir outre mesure. De plus, il est doté d’une belle écriture le bougre, et on avance sans forcer dans ce dédale de plans qu’occasionne un long métrage qu’il m’aura fallu tout de même revoir, tant il décortique son film et offre sans compter une leçon de cinéma.

"in FNAC": Le cinéaste est comme envoûté par la Louisiane au lendemain du désastre Katrina, où terres et eaux troublent le regard, où le passé capture le présent, où fantômes et ombres se mêlent à la danse. Par ce récit de tournage, il nous entraîne au coeur de la création...

samedi, 05 décembre 2009

La route, un film de John Hillcoat

la route.jpgA l'impossible nul n'est tenu, dit-on. Adapter ce merveilleux roman était chose impossible. A cause du style. De la littérature même qui imprègne ce roman. Mais dans ce qui est possible, le réalisateur réussit une performance. La reconstitution est magique, les effets réussis. Bien sûr, dans le roman où n'existe ni passé, ni futur, le film prend quelques libertés et l'épouse apparaît régulièrement afin de donner quelques respirations pour un film qui aurait pu devenir étouffant. Il l'est ! On arrive au bout essoré, remué, dubitatif mais pas déçu. Et on retrouve les passages balisés (le clochard voleur, les cannibales...) et même un peu de l'esprit qui m'avait tant conquis. De bout en bout, Viggo Mortessen tient le film sur ses épaules et l'enfant s'en tire plutôt pas mal. Je regrette un peu le dénouement en happy end qui trahit la fin plus ouverte du livre, ce chef-d'oeuvre. Mais sans doute est-ce assez noir comme ça...

vendredi, 04 décembre 2009

D'art d'art (Frédéric et Marie-Isabelle Taddéï) : le livre !

D'art d'art.jpgPour reprendre ce bon vieux et excellent In Cold Blog (qu'il me pardonne cette familiarité) qui devrait émettre un post sur le sujet, c'est typiquement le livre que j'aurais pu m'offrir tout seul, pour moi, tout seul, à Noël : les plus grandes oeuvres d'art, les plus grands artistes réunis dans ce livre tiré de l'émission D'Art d'art, l'émission de France 2 qui durait 1 minute 15. C'était fin, intelligent tout comme semble l'être Frédéric Taddéi.
Maintenant en papier super qualité, les dessous de l'art expliqués pour nous, sans astreinte de programmation bizarre, on le parcourt comme on veut. De l'art contemporain à l'impressionnisme, d'Arcimboldo à Picasso, un livre sur l'art qui est mieux qu'un livre de plus. Un beau cadeau que je me suis fait.

mardi, 01 décembre 2009

Seul le silence (RJ Ellory, roman policier)

seul le silence.jpgSouvent les 4è de couv' sont risibles. Pour celui-ci, c'est un "pompon" signé Michael Connelly ! En plus de la dithyrambique critique, j'avais lu Ellroy ! Je me suis dit : "peut-être le fils, le neveu..." mal lu ! Elloooooooooory... ça n'a rien à voir, mais alors rien de rien ! Je pense que parfois les américains imaginent le film qui va être tourné de leur "merveilleux" scénario... moi je préfère dans ce cas-là, attendre la sortie du film, ça évite 400 pages lourdingues.

résumé : À 12 ans, il a découvert le corps d’une fillette assassinée. La première d’une longue liste. Depuis, cette mort le hante. Et quand des années plus tard le serial killer se remet au travail, Joseph n’a pas d’autre choix que d’affronter le monstre…

jeudi, 26 novembre 2009

L'annonce (Marie Hélène Lafon, Buchet 2009)

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Marie Hélène Lafon construit une oeuvre. Elle s'applique, s'éternise, prend son temps quoi ! Ici, elle délaisse son style court, ses images de chair et de promiscuité. On est toujours dans la "France profonde", rurale, paysane, mais le style est plus délié, les phrases sont longues et le ton presque badin. C'est ce qui cloche car d'abord enthousiasmé par un style impeccable aux innombrables virgules et aux mots abscons, le sujet se délite pour finir dans un ennui profond. Pour cette prof de lettres, moi je mettrais passable, juste passable. Mais peut mieux faire c'est évident ! Et j'attends...

résumé : Paul a quarante-six ans. Paysan, à Fridières, Cantal. Cinquante trois hectares, en pays perdu, au bout de rien. Il n’a pas tout à fait choisi d’être là, mais sa vie s’est faite comme ça. Paul n’a qu’une rage : il ne veut pas finir seul, sans femme.

samedi, 21 novembre 2009

Des hommes (Mauvignier, éd.Minuit 2009)

des hommes.jpg

Il en faut pour tous les goûts, certes, mais je m'étonne que ce style ampoulé plaise tant. J'en veux pour preuve (prenez votre respiration) : « Et ici c’est Marie-jeanne qui a vu la première, parce qu’elle était proche de Solange et qu’au moment où il est arrivé vers la table contre laquelle celle-ci s’était légèrement appuyée – sa main était posée sur le bord du plateau, bien à plat sur la nappe de papier, Marie-Jeanne cherchait à déguster encore un de ces merveilleux petits fours en forme de tartelette avec de l’anchois ou de la crème au thon lorsqu’elle a du se déplacer, se retourner, peu importe, et le voir soudain devant ele, de sorte qu’elle a cru qu’il était maintenant là, la main tendue avec cete petite boite non pas noire, comme je l’avais cru d’abord, mais d’un bleu nuit très profond, cerclé d’un liseré d’or, pour elle, pour lui offrir ce cadeau qu’elle n’attendait pas et qu’elle a vu venir de sa grosse main calleuse à lui, cet homme si inattendu ici, devant elle, si redoutable qu’elle aurait crié de tout façon, mêm s’il n’avait rien dans la main, même s’il n’avait pas tendu la main ni le poing, ni non plus cette petite boite bleu nuit. » p.17 Ça c’est de la phrase !

73 pages d’ennui, et il faut, parait-il dépasser les cent pour que ça commence vraiment (sur 280,  je m’étrangle !), et qu’enfin se termine ce livre pénible et qu’on recommence en s’apercevant qu’on a pas bien compris le début !!! Ben moi, 73 pages, ça ira amplement merci ! 

résumé : Il suffit de presque rien, d"une journée d'anniversaire en hiver, d'un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption. Ce passé c'est l'Algérie au moment des «événements», en 1960...

vendredi, 20 novembre 2009

et devoir apprendre...

thenry.jpget devoir apprendre à vivre sous les sifflets... et chaque fois qu'il rentrera sur le terrain, chaque fois qu'il en sortira, chaque fois que son nom sera prononcé au micro dans un stade, chaque fois qu'il recevra le ballon, chaque fois qu'il marquera, chaque fois qu'il fera une touche (puisqu'elles se font à la main), chaque fois... c'est long ! Heureusement qu'il est vieux !

Et vous savez quoi ? Ce n'est pas moi qui vais le plaindre ! (au prix qu'il est payé...)

entendu hier sur Canal + : quand Domenech perd, il demande la main à Estelle. Et quand il gagne, il demande celle d'Henry ! (gnarf gnarf)

jeudi, 19 novembre 2009

Fier d'être français ?

domenech.jpgLisez ceci même si (et surtout) si vous ne connaissez rien au foot ! Car  il n'y a vraiment pas de quoi être fier... Fier d'être français ? Non la honte ! Car si je comprends bien certains : "Qu'importe le flacon..." Eh bien non, non et non !!! Deux ans pour en arriver là ! Deux ans pour se qualifier honteusement. C'est, pour un amoureux du foot, du sport et de l'éthique, une obscénité. Et je m'incline devant la sportivité de ces p... d'irlandais, car imaginons-nous un seul instant à leur place...

Domenech lui s'en contrefout. Et s'en contrefoot. Les autres, tous les autres qui n'aimez pas cela, il vous le dit, allez vous faire voir et ne dégoutez surtout pas ces abrutis beuglants, bariolés et ignares qui aiment ça...

Evidemment qu'il n'y avait pas penalty. Evidemment qu'il y avait main. Evidemment l'arbitre l'a vu, lui ou du moins son assistant. Je paierai cher pour me procurer les enregistrements des échanges entre arbitres pendant le match... Mais la France ne pouvait pas ne pas se qualifier. Economie oblige !*

Mais Domenech est heureux, il va continuer de se faire plein de blé et continuer de nous emmerder. Et c'est bien là l'essentiel d'après lui ! Car si vous n'aimez pas ça...

Et pour les amoureux de foot, c'est un drame que la plus mauvaise équipe de foot se soit qualifiée. Mais avec un peu de (mal)chance, on sera vite éliminé... (gnarf gnarf...)

* Tous les grands pays (Italie, Allemagne, Brésil et même Argentine) sont qualifiés. Sauf la Russie qui n'a jamais eu la moindre influence à la Fifa ! Magouilles on vous dit !!!

mercredi, 18 novembre 2009

l'échappée belle (Anna Gavalda, le dilettante)

l'échappée belle.jpgAttention : ceci n'est pas une nouveauté mais une nouvelle parue en 2001, introuvable depuis. Pour éviter que celle-ci se revende (souvent cher) sur Internet, la romancière a décidé de la rééditer en la relookant quelque peu. C'est excellent et très divertissant. Du Gavalda au sommet, imprégnée d'un vocabulaire croquignolesque (qui rognognoote p.9), ou agrémentée de tournures gavaldesques (ils se sont couchés fâchés et elle a dormi à l'hôtel du Cul Tourné p.2)

résumé : Simon, Garance et Lola, trois frères et sœurs devenus grands (vieux ?), s’enfuient d’un mariage de famille pour rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier dans un château. Ils vont s’offrir une dernière belle journée d’enfance volée à leur vie d’adulte...

mardi, 10 novembre 2009

les étourdis (Jérôme Deschamps)

les étourdis deschamps.jpg

Comment, mais alors comment recommander ce petit bijou d'humour ? Puisque c'est irracontable... Car en effet très visuel, avec des comédiens incroyables, des situations à mourir de rire, du burlesque, du "non-sens", de la quatrième dimension !

C'est une succession de tableaux avec une constante : un décor fixe où trône LE bureau du patron. Ensuite, ça devient parfois du grand n'importe quoi, avec des tas d'idées qu'on se demande où les auteurs peuvent bien aller chercher tout ça ! C'est du théâtre mais très proche d'un spectacle de rue, dans la fantaisie, l'inventivité et la maîtrise de l'ensemble qui m'a fait penser à du "très très haut niveau !"

ça raconte quoi ? C'est le monde des bureaux, de la bureaucratie, le monde du travail. Des chants, de la musique, de la danse, du mime, des dialogues surréalistes, des situations burlesques et enchaînées, un chien qui fout le camp lorsqu'on lui dit de venir... et ce n'est là qu'un minuscule aperçu d'1h40 de rires. Et en plus c'est encore mieux la 2è fois !

vendredi, 06 novembre 2009

Jan Karski de Yannick Haenel (Gallimard, 2009)

jean karski.jpgBof, ça m'a pas emballé des masses... Drôle de livre que ce roman qui n'en est pas un. L'auteur reprend un livre et le commente. Des passages m'auront intéressé : la solitude, l'isolement de la Pologne désignée comme bouc émissaire du massacre des juifs, la violence feutrée de la société américaine rendue sourde... c'est à peu près tout et déjà pas si mal...

résumé : Voici le destin d’un courrier du gouvernement polonais en exil. En 1942, à l’âge de vingt-huit ans, après avoir visité par deux fois le ghetto de Varsovie, la Résistance polonaise le charge de prévenir les Alliés et d’ébranler les consciences. En vain...

mardi, 27 octobre 2009

Seville 82 (Pierre Louis Basse)

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On dit que les anciens se souviennent de ce qu'il faisait le jour où John Fitzgerald Kennedy fut assassiné à Dallas. Et du jour où l'homme mit un petit pied sur la lune quand l'humanité en faisait un grand. Ainsi, nous nous souvenons tous de cet instant où les Twins Tower sont tombées. Il est des images qui ne s'effacent pas, qui ne s'oublient pas.

D'autres, footballeurs mais pas seulement, se souviennent de ce match perdu par les français en demi-finale de coupe du monde contre les allemands. Plus encore de ce sentiment d'injustice... Pierre-Louis Basse nous fait revivre le match en y mêlant habilement philosophie ou musique allemande, dépassant ce seul cadre pour nous faire revivre une époque et une épopée. De la fin de celles-ci car, comme il le souligne, rien ne sera plus comme avant. C'est vrai. C'est juste. Et c'est surtout passionnant ! Même si je n'e partage pas toutes les réflexions exposées, j'aurais eu envie, comme avec un vieux pote, de refaire le match avec lui . Il est vrai que, ce soir-là, tous les éléments de la tragédie avaient été réunis...

samedi, 24 octobre 2009

Pelé est Dieu

Pele_Air.jpgC'était le temps famélique des retransmissions de foot en noir et blanc.

Mon père me réveillait à minuit passé et moi, retenu par mes rêves, je me rendormais.

Mais la finale eut lieu en plein jour et au jour J, le roi s'éleva dans les airs, y resta pour plusieurs secondes, sans doute une éternité, et marqua le premier but de son équipe. Plus fort encore, il offrit le dernier but à son capitaine monté en attaque; il l'avait vu venir derrière lui et lui offrit une merveille de passe. Car il avait des yeux derrière la tête. Il était Dieu.

Et les footballeurs découvrirent que leur Dieu était noir.

lundi, 19 octobre 2009

19 secondes 83 centièmes (Pierre Louis Basse)

19 secondes.jpgPour les ignares dont je fais partie, ou ceux qui n'écoutent pas la radio dont je fais partie aussi, Pierre Louis Basse est journaliste à Europe 1. Son livre évoque un évènement connu de tous : celui de la folle course de deux américains qui sur le podium, (l'un finit 1er, l'autre 3è), lèveront le poing et baisseront la tête à la levée du drapeau de leur pays. Pierre Louis entame un étonnant voyage dans le temps et nous emporte dans ses souvenirs. C'est magnifique d'intelligence. La sensibilité qui accompagne généralement celle-ci, prend les traits ici de son père, prof de gym et militant communiste à une époque où tous les rêves étaient encore permis...

résumé : Marqué par la victoire de Tommie Smith aux Jeux Olympiques de 1968 et par la manifestation sur le podium de son refus de la ségrégation, les deux coureurs noirs américains, bras tendu et poing ganté de noir, l'auteur se souvient de la fin des années 1960. Il se souvient de la mort de Martin Luther King, des chansons de Joan Baez et Bob Dylan, de la guerre du Vietnam...

"19 secondes 83 centièmes c'est un instant mais ce jour-là, ils allaient courir pour l'éternité."

vendredi, 16 octobre 2009

Les heures souterraines (Delphine de Vigan)

Les heures souterraines.jpg

C'est chouette un écrivain qui ne vous déçoit pas ! Après la précarité (No et moi), l'adultère (Un soir de Décembre), l'anorexie (Un jour sans faim) et un autre qui ne m'aura laissé aucun souvenir (Les jolis garçons), l'écrivain expose avec sa justesse habituelle, les turpitudes du harcèlement. Son écriture est comme une goutte d'eau qui tombe : lumineuse, précise, impeccable. Avec juste ce qu'il faut de clarté, le parfait équilibre est atteint dans une économie de mots. "Ca se lit vite", dit-on, et c'est une immense qualité pour moi que cette légèreté; là où d'autres en auraient fait des tonnes, des pesanteurs de mammouths, elle distille une grâce dans la vérité qu'elle assène avec une précision chirurgicale. Car, pour avoir été confronté, d'une part à la vie d'une entreprise et d'autre part au harcèlement, j'ai été bluffé par la pertinence de son regard et la précision de son trait. Sûrement les cadres de grandes entreprises devraient baser leurs séminaires souvent idiots sur ces écrits. L'humanité y gagnerait sans doute et certains dirigeants ne diraient pas de telles âneries en évoquant "le suicide comme une mode"...

résumé : Dans son entreprise, Mathilde subit un harcèlement. Thibault travaille pour les Urgences Médicales de Paris. Ils ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser...

P162 : Elle se demande si l'entreprise n'est pas le lieu privilégié d'une mise à l'épreuve de la morale. Si l'entreprise n'est pas, par définition, un espace de destruction. Si l'entreprise, dans ses rituels, sa hiérarchie, ses modes de fonctionnement, n'est pas tout simplement le lieu souverain de la violence et de l'impunitéCQFD car se poser la question est bien évidemment y répondre !

mercredi, 14 octobre 2009

La phrase du jour

lagerfeld.jpg"Je ne juge jamais les gens sur leurs vêtements"

Karl Lagerfeld, toujours couturier, souvent drôle, parfois philosophe et intelligent.